La Joyeuse Union Don Bosco Par Norbert RIPOL

 

LA NAISSANCE D’UN PATRONAGE AU RUISSEAU

 

Avant de commencer mon exposé je voudrais m’excuser de parler du Ruisseau, alors que beaucoup d’entre vous l’ont déjà fait, et je tiens particulièrement a les en féliciter. il n’est pas question de les imiter, et si parfois, il me faut pour que ce texte soit le plus complet possible, citer des lieux ou des personnes ce ne sera que pour les besoins de raconter l’installation de la JOYEUSE UNION DON BOSCO. Dans ce quartier, que j’ai peu habité, mes parents se sont installés en 1938 Rue des sports après un bref séjour au Ruisseau . 

J’espère que cette mise au point rassurera ceux qui ont oeuvré pour l’histoire de nos quartiers et de notre pays

 

C’est en 1947 que l’archevêché d’Alger a décidé le transfert de la congrégation salésienne assez peu connue dans l’Algérois, du boulevard Auguste comte BELCOURT à la Rue Polignac ou était située l’église Ste Monique .

La mission de la congrégation avant tout et par tous les moyens, était de s’occuper des jeunes, et je pense que le quartier du Ruisseau n’avait pas été choisi au hasard. Une véritable chance pour cette jeunesse croissante et désœuvrée. Il y avait bien sur, le coté religieux, mais les nombreuses activités du patronage étaient telles, que cela ne décourageait pas la nombreuse affluence attirée par le sport, le Basket-ball, la musique, les colonies de vacances et les différentes excursions.

Don BOSCO, saint italien avait fondé cet ordre dont le siège était a TURIN et avait a son actif plusieurs dizaines d’écoles d’apprentissage disséminées dans la monde entier et réservées à l’enfance défavorisée. Les deux plus importantes en Métropole étaient à

NICE et à Marseille. En Algérie c’était surtout l’implantation de patronage avec en activité principale le sport, à ORAN, les fameux spartiates plusieurs fois champions d’Algérie de Basket Ball la J U S, et bien sur depuis peu au Ruisseau la JUDB qui participait au championnat d’Alger et qui avait une équipe senior rivalisant avec les meilleures équipes, ce fut notre héritage.

 

Mais revenons au Ruisseau, c’était dans un ancien hangar que l’église Sainte Monique avait été installée. A quelle date? Aucune idée, ce que je sais c’est qu’elle existait en 1941 date à laquelle j’ai fait ma communion solennelle, suivi peu après de mon entrée dans la vie associative, en effet j’adhérais aux cœurs vaillants.

 

Cette église était mitoyenne avec la société saint frères, dont la principale activité était de vendre ou de louer des bâches, et de l’autre coté l’imprimerie de la banque l’Algérie. Il y avait deux entrées un accès direct à l’église et l’autre dans une grande cour. les deux donnant sur la rue polignac, grande artère qui reliait la rue de Lyon à la rue Sadi Carnot (le Ruisseau à Hussein dey).

Une partie de la cour, séparée par un grand mur, était réservée à l”habitation du curé LE COQ, belle villa qui abritait sa famille. Sur cette partie on trouvait un bâti, sur lequel reposait une énorme cloche placée là, par défaut de clocher. Il y avait également un tourniquet pour l’amusement des enfants.

 

Il est temps de faire connaissance de cette équipe qui allait changer le paysage de ce quartier. Le Père Sylvestre SANTONJA, directeur rebaptisa l’église qui prit pour nom Sainte Monique-Saint Jean Bosco, il était secondé du Père DUNANT, chargé plus particulièrement du culte, du Père JOSEPH, beaucoup plus âgé qui avait la charge de l’intendance et du jardinage. Dans cette équipe il y avait également un coadjuteur pour seconder le Père directeur dans ses nombreuses activités. Quelques bénévoles avaient suivi, remplacés par la suite par des habitants du quartier.

 

 

Ce club a été pour moi une expérience fabuleuse, c’était la première fois que l’on me demandait d’aider et de servir, j’avais jusqu’alors toujours reçu et jamais donné, c’est pourquoi vous trouverez dans ces lignes beaucoup de passion car les résultats étaient merveilleux celui qui n’a pas assisté à cette mise en place de tous les rouages d’un club ne peut se rendre compte du travail accompli par tous.

 

Le Père Sylvestre n’avait pas mis longtemps pour avoir les appuis nécessaires pour la mise en route du patronage. Les services de la Mairie ont transformé la cour en terrain de basket, nous avons abattu le mur qui séparait la cour de l’église du presbytère, les caves sous l’église emménagées en salle de projection, ou tous les jeudi il y avait la lanterne magique avec, les films de tintin et autres. Le déménagement se faisait, par petites étapes pratiquement tous les jours, avec une charrette attelée d’un âne du Boulevard Auguste Comte à la rue polignac. Les deux compères Christian Assante, et Martial Labarbe doivent s’en souvenir.

 

Le Père Sylvestre se transformait en entraîneur de Basket. C’était curieux a voir car il remontait sa soutane pour participer au jeu tout en arbitrant, nous n’avions jamais pratiqué ce sport, et l’engouement fut le moteur de cette expérience. En quelques mois nous étions prêts a affronter la compétition.

Le patronage s’étoffait. Après les enfants ce fut au tour des parents de venir grossir les rangs. Il fallait un président M.Lescure était tout trouvé, une marraine pour le club, Mme Rives fut la bienvenue, des accompagnateurs pour les plus petits, Mrs Bruguerra, Molto, Jonquille, des dirigeants de ligue Dancet, Ripoll Georges, Blasco. D’autres prenaient des cours d’arbitrages, des cours de tenue de table et là, nous avions un champion Jeanjan Richardi, il n’avait pas son pareil pour faire durer une partie quand nous perdions. C’est assez dur de citer tout le monde car fatalement dans la quantité on en oublie toujours, les dames avaient pour charge la confection des équipements car il n’était pas question de les acheter, et la mercerie Ribaud n’avait pas son pareil pour nous fournir les tricots de corps de couleur bleue marine de toutes tailles. Le ruban rouge pour le tour du cou et les emmanchures, le tissu blanc pour les chiffres, seules les cuissettes étaient achetées. L’achat de survêtement interviendra plus tard quand les finances le permettrons.

 

Je partageais mon temps de libre entre mes entraînements en équipe junior à BELCOURT, ou nous avions la chance d’avoir déjà des joueurs chevronnés, Rosello, Arrèse, Gomez, Rossaza, Martinez, Pennachio et j’en oublie certainement, qui ont permis aux Perez, Cardona, les deux Solbes, de pouvoir évoluer dans ce sport que nous ne connaissions pas six mois avant. Les entraînements des cadets et des minimes se faisaient dans la cour de l’église.

Parallèlement je prenais aussi des cours d‘arbitrage, c’était vraiment une époque chargée.

c’était épuisant mais quelle satisfaction, les jeunes qui jusqu’alors traînaient leurs savates (sandales), au Ruisseau, désœuvrés, avaient un but et cela fonctionnait a merveille. Dernièrement c’est à dire en 2004, à la réunion d’Uzès, un jeune de “l’époque”, il a maintenant soixante ans, a résumé en une courte phrase ce que suis en train de développer “Si le père Sylvestre n’était pas arrivé au Ruisseau nous serions tous devenus des bandits”.

Les pères salésiens n’oubliaient pas pour autant la religion, quand le dimanche les compétitions commençaient très tôt, je parle pour les minimes et les cadets, il n’était pas question pour eux d’aller participer à un match sans aller à l’office. C’est là, que le Père Sylvestre, obligeait ces joueurs a venir assister à la messe de très bonne heure. Cette messe avait lieu chez les sœurs au dispensaire Rue des Sports, lequel était mitoyen avec l’immeuble ou j’habitais, le bâtiment A.

 

Les consignes étaient sévères pas de participation sans messe, même au détriment du gain de la compétition.

 

Les samedi après midi étaient consacrés à la visite médicale, car pour obtenir la licence il fallait absolument une attestation d’un médecin. Il fallait accompagner les futurs joueurs chez le docteur Violet qui devait constater la forme physique de chaque individu.

 

La machine était en marche et elle ne s’arrêtera malheureusement qu’à cause des événements et de notre départ d’Algérie.

Toutes ces années passées ont vu grandir ce club, qui bien sur, a eu des hauts et des bas. Tout les éléments pour sa réussite avaient été réunis, une paroissienne avait fait don d’un terrain au ravin de la femme sauvage, et enfin nous avions un stade bien à nous, un beau terrain, une tribune, des vestiaires, une buvette tenue par notre ami Jojo. Ce stade avait permis de commencer a construire la nouvelle église.

Si je vous parle de cette nouvelle église dont le projet était grandiose, c’est qu’elle a compté aussi dans nos activités. Une salle paroissiale immense en sous sol et le lieu du culte au-dessus. Seule la salle paroissiale a vu le jour, église provisoire mais aussi, salle de théâtre, ou pendant trois ou quatre ans nous avons donné la PASSION DU CHRIST. Une fois la pièce bien rodée, nous nous sommes produit au cinéma le REX et nous n’étions pas peu fiers. Il faut dire qu’avant d’en arriver là, beaucoup de répétitions, de rires, de fous rires et toujours cette présence, cette disponibilité du Père Sylvestre et surtout sa patience.

Comme je l’ai dit plus haut les répétitions n’étaient pas tristes, nous étions une bonne trentaine d’acteurs, le rôle du Christ était tenu par Pierre Cardona ou Claude Cuocolo .

 

Il faut citer d’autre activités, ils n’étaient jamais a court d’idée ,la création d’une fanfare, l’organisation de voyages en Italie à l’occasion, de la canonisation de Dominique Savio, élève de Don bosco, passage oblige par la maison mère a Turin, puis Rome pour la cérémonie, puis Assise. Pour terminer, une petite visite à l’école d’apprentissage de Nice. Participaient à ce voyage, Mr Bruguerra, Giordano Dominique (dit mimi), son frère Giro, et votre serviteur. Un voyage au Maroc, une délégation de plus de cinquante personnes comprenant entre autre l’équipe première pour rencontrer celle du patro de Port Lyautey. Logés chez des bonnes sœurs, là aussi, visite de Casablanca et de Rabat. Au retour, arrêt à Oran, des souvenirs inoubliables qui marquèrent notre vie.

 

Il y avait aussi les colonies de vacances, tous les ans les plus nécessiteux et les autres, en tout soixante dix y compris l’encadrement prenaient les cars pour se rendre a Novi tout prés de Cherchell a 120 kilomètres du Ruisseau. Le père Sylvestre et un coadjuteur dirigeaient cette colonie qui était tenue sur place par des sœurs.

 

Je pense avoir fait le tour des activités, non seulement pour les enfants mais aussi pour toutes les familles du Ruisseau qui se reconnaîtrons dans ce petit exposé. Je me devait de faire un brin d’histoire, ne serait-ce que pour la mémoire du Père Sylvestre, du Père Amil et du père Palkovitch, auteurs de cette réussite.

 

Norbert RIPOLL

 

 

 

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